Origine de la toponymie Grand plée Bleue

L’origine toponymique de la Grande plée Bleue comporte plusieurs hypothèses, toutes aussi plausibles les unes des autres.

La désignation «grande» ne soulève pas de question, elle fait référence à la grande superficie du territoire. En effet, la tourbière la Grande plée Bleue est l’un des milieux humides les plus vastes de la région de Chaudière-Appalaches. Située sur le territoire de la ville de Lévis, à environ 4 kilomètres du fleuve Saint-Laurent, elle couvre une superficie de près de 1 500 hectares et représente l’une des dernières tourbières ombrotrophes de grande taille non exploitées des basses terres du Saint-Laurent. La réserve écologique projetée fait 911 hectares et vise d’ailleurs à protéger la majeure partie (61%) de la tourbière omnbrotrophe.

Le nom «plée» est souvent désigné pour les tourbières. Il viendrait de la contraction de «terre pelée», soit, dépourvue d’arbres. Dans la partie ouverte de la tourbière, il y a peu d’arbres, ceux-ci sont généralement clairsemés, de faible dimension, alors que la végétation arbustive et herbacée domine nettement le paysage.

Le mot «plaine» est également utilisé ailleurs au Québec pour désigner les tourbières, notamment sur certaines cartes topographiques. La plée est aussi une contraction du mot plaine, utilisé par les propriétaires et la population locale fréquentant les tourbières.

L’origine de l’épithète «bleue» est plus intrigante.
L’adjectif «bleue» référerait à l’abondance de bleuets, à la teinte bleutée des nombreuses mares d’eau (très évident à vol d’oiseau ou sur les photographies aériennes du territoire) ou à la présence du calamagrostide du Canada (Calamagrostis canadensis). Cette dernière est une espèce de graminée qui aurait poussé en abondance dans la tourbière jusqu’à la fin du dernier siècle. Le calamagrostide était alors connu sous le nom de «foin bleu» par les fermiers de Lévis et de Lauzon. Aujourd’hui, il est inutile de chercher la moindre petite prairie de foin bleu, il a disparu du secteur.